Chaque début d’année, Pantone donne le ton en élisant une couleur censée capter l’air du temps, refléter nos aspirations collectives et influencer les univers de la mode, du design et de la décoration.
Pour cette nouvelle année, le choix s’est porté sur Cloud Dancer, un blanc subtil et nuancé, loin du blanc pur et éclatant que l’on connaît habituellement.
Une teinte à la fois lumineuse et feutrée, qui apaise, interroge et divise. Et oui, une couleur basique peut faire polémique !
1. Cloud Dancer : définition d’un blanc doux et cotonneux
Cloud Dancer est un blanc légèrement grisé, délicatement voilé, qui évoque la texture d’un nuage, la douceur du coton ou encore une lumière filtrée.
On est ici à l’opposé d’un blanc optique, franc et tranché. Ce blanc-là est tempéré, enveloppant, presque silencieux.
Il capte la lumière sans l’agresser, adoucit les contrastes et crée une sensation de calme visuel.
Un blanc qui ne cherche pas à s’imposer, mais à accompagner. (un peu comme une coach en image en fait !)
2. Mon regard de conseillère en image sur Cloud Dancer
Lorsque Pantone a dévoilé son choix, cette couleur a suscité chez moi un sentiment partagé. Et au vu des réactions, je n’étais pas la seule dubitative face à cette annonce. En effet, beaucoup de personnes ont exprimé leur perplexité à l’annonce de Cloud Dancer comme couleur de l’année.
D’un côté, Cloud Dancer incarne une promesse de clarté, de respiration, d’apaisement. Dans un monde saturé d’informations, de tensions et de stimulations visuelles, ce blanc doux agit comme une pause, un espace de recentrage. Il invite à ralentir, à revenir à l’essentiel. Il fait taire les bruits extérieurs et permet une concentration bienvenue.
Mais d’un autre côté, ce blanc peut aussi évoquer le vide, le manque de relief, voire une forme d’effacement.
Dans une période déjà marquée par une certaine morosité collective, il est normal de ressentir un besoin plus affirmé de couleurs, de chaleur, de vibrations visuelles pour redonner de l’élan et de la vitalité.
Enfin, Cloud Dancer est avant tout un blanc, catégorisé couleur basique. Habituellement Pantone nous propose des couleurs fortes, pas toujours simples à porter. Je vous invite à revoir les couleurs élues précédemment en cliquant ici. Pourtant ce blanc n’a pas fait l’unanimité, car beaucoup l’ont trouvé trop froid, trop fade, alors que la plupart d’entre nous avons envie de coloris qui font du bien au moral et à l’énergie. Cloud Dancer est donc une couleur qui questionne. Elle ne laisse pas indifférent et demande, plus que jamais, à être mise en valeur par des associations justes.

3. Comment bien porter Cloud Dancer ?
Grâce à sa douceur et à son absence de dureté, Cloud Dancer est un blanc particulièrement flatteur pour de nombreuses personnes. Il convient très bien :
- aux colorimétries adoucies, dont les contrastes naturels sont faibles à moyens,
- aux personnes à la peau claire ou pâle, qu’un blanc pur pourrait durcir ou ternir,
- à la saison Été, dont il respecte la délicatesse et la subtilité des teintes naturelles.
Autre avantage : Cloud Dancer pourra être porté facilement tout au long de l’année. D’une part, parce qu’en tant que blanc, il s’agit d’une couleur basique, et par définition intemporelle. D’autre part parce qu’il saura se marier avec de nombreuses autres teintes plus saisonnières :
- En hiver : porté avec des matières nobles et structurées, il devient froid, élégant et sophistiqué.
- Au printemps : il adoucit les couleurs lumineuses et vives, en évitant tout excès.
- En été : il s’intègre naturellement aux pastels, aux couleurs poudrées et aux harmonies voilées.
- En automne : il apporte de la lumière et de l’équilibre aux palettes plus terreuses et chaudes.

Sa grande force est sa polyvalence, à condition de l’inscrire dans une palette cohérente.
4. Avec quelles couleurs associer Cloud Dancer ?
C’est dans les associations que Cloud Dancer révèle tout son potentiel.
Ma palette préférée : douceur et subtilité
Je l’aime particulièrement associé à :
- des pastels (bleu layette, rose guimauve, mauve),
- des teintes grisées ou ombrées (rose poudré, vert eucalyptus, lavande), qui prolongent son côté feutré sans l’éteindre.
Pour plus de contraste et de caractère
- le noir, en touches maîtrisées, pour un contraste graphique et élégant,
- un rouge rubis, profond et intense, qui crée une tension visuelle très raffinée.

Pour une atmosphère aquarelle ou naturelle
- des bleus-verts aqueux (vert d’eau, bleu grisé, turquoise doux), pour un effet fluide et poétique,
- des teintes terreuses comme l’ocre, la terre de Sienne, le sable, le bois de rose ou le kaki, qui réchauffent et ancrent ce blanc dans la matière.
5. Cloud Dancer : une couleur à apprivoiser
Cloud Dancer n’est pas une couleur spectaculaire. Elle ne cherche ni à impressionner ni à dominer.
Elle demande de la subtilité, du sens et une vraie réflexion sur l’équilibre des couleurs.
Bien utilisée, elle devient une base apaisante, un support élégant pour révéler d’autres teintes, d’autres matières, d’autres intentions.
Mal accompagnée, elle peut au contraire accentuer une sensation de fadeur ou de vide.
Comme souvent en conseil en image, tout est affaire de justesse, de contexte et d’harmonie. Et c’est peut-être là que Cloud Dancer trouve sa véritable place : non pas comme une finalité, mais comme un point de départ vers une image plus consciente, plus nuancée et tournée vers l’avenir.

