Mode ou victime de la mode ?

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Bonjour tout le monde. L’autre jour est arrivée une newsletter dans ma boîte mail intitulée : « Nouvelle collection : Tout ce que vous devez absolument avoir ! » . Le mail est parti directement à la corbeille. J’ai pris cette formulation comme une obligation, derrière laquelle se cachait une sorte de menace. « si tu ne regardes pas la nouvelle collection, tu ne connaîtras pas la dernière mode, tu ne sauras pas où l’acheter, et tu seras out ». Et alors, quoi ? Concrètement, il se passera quoi si je ne viens pas dans votre magasin pour acheter, acheter, acheter, pour porter, porter, porter des couleurs et des formes qui ne me vont pas forcément mais ça, les vendeuses se garderont bien de me le dire.

Non pas que je me fiche d’être à la mode, mais je n’aime pas que l’on m’impose une vision, que l’on me dicte ce que je vais devoir acheter ni quand ni où, sans me dire pourquoi ça m’irait à MOI. Et un vêtement, une paire de chaussures, doivent nous permettre d’ETRE et non pas de POSSEDER.

Bien sûr, être à la page, c’est important, parce qu’on montre au monde qu’on vit au même rythme que lui, qu’on a compris ses codes, qu’on s’est approprié ces codes. On démontre aussi qu’on accepte d’évoluer, qu’on ne vit pas à une époque révolue et que le changement est plutôt bien vécu.

Mais plonger tête baissée dans la moindre tendance, là, je ne joue plus. D’une part parce que mon portefeuille non plus ne veut pas jouer :p mais aussi parce que toute mode n’est pas bonne à suivre.

Selon moi, la mode devrait :

  • être un jeu, synonyme de moments où l’on s’amuse, une parenthèse qui nous donne le sourire et de bonnes vibrations
  • nous proposer ses trésors et de là, nous laisser partir explorer, découvrir et imaginer ce qu’on va pouvoir faire de nos trouvailles
  • nous faire exister, nous embellir, nous rassurer, nous faire du bien, nous donner confiance, nous donner la banane
  • être un moyen d’expression, un médiateur entre soi et les autres, un moyen de s’affirmer, un révélateur de personnalité

Mais la mode, ce n’est pas :

  • primordial, impératif. La mode a un côté futile, léger, et il faut lui garder cela, car on en a aussi besoin. Mais il y a tellement de choses, d’instants, de personnes plus intéressants qu’une tendance
  • une obligation, une loi suivie d’un jugement sans appel. On ne doit pas avoir l’impression d’être le dernier des idiots si l’on n’a pas un pull bleu Serenity
  • une maman qui dit à son enfant de 5 ans ce qu’il va porter aujourd’hui
  • un carcan duquel on ne sortira qu’au prochain arrivage SpringSummer/FallWinter
  • un placard dont nous serions le cintre

Ce que j’essaie de vous dire, c’est que la mode doit être vécue comme quelque chose de positif et d’assumé, et non comme un devoir ou une course effrénée et irréfléchie. Elle n’est pas une fin en soi mais un vecteur. Elle doit nous servir et non nous desservir.

 

source : http://limelanephotography.com.au/
source : lime lane photography

 

A titre d’exemple, j’entends de plus en plus parler de la mode du « contouring » en maquillage, que toutes les nénettes se font parce que Kim l’a fait. Mais qui finissent par avoir un teint « orange confite » parce que le tuto de Kim, il est surtout valable pour des brunes à la peau mate qui disposent d’un maquilleur pro à domicile (ça concerne donc vachement de monde). Ces mêmes nénettes qui se sont rasé la moitié de la tête parce que Rihanna l’avait fait. Et qui se tuent le dos à courir derrière leurs mômes sur des talons de 14cm parce qu’on leur a dit que c’était d’actualité.

Soyez fashion mais pas fashion victim. Analysez ce qui vous va, en termes de couleurs, de matières, de lignes et d’imprimés. Soyez perchées sur des talons si ça vous chante mais surtout si vous le supportez ! Moi, j’aime les talons, mais je ne porte pas de talon de plus de 10cm de haut, parce que ma cambrure naturelle ne tolère pas plus. Entre avoir des jambes élancées ou un sourire crispé + des douleurs sur 80% du corps, mon choix est vite fait. Oui le marsala était la couleur 2015, de nombreuses fois j’ai failli dégainer ma carte bleue, parce que je la trouvais jolie cette nuance et que ça changeait et puis c’était la mode. Mais je me suis rappelée que ce genre de couleur, ça plombe mon teint et qu’il est inutile de faire un achat dont je sais par avance qu’il me donnera mauvaise mine et donc ne me mettra pas en joie, quand bien même j’aurais suivi la mode.

Appropriez-vous les tendances, faites-en quelque chose pour vous, qui vous ressemble, qui vous fait ressortir. Adoptez la mode, celle qui vous va, qui vous chouchoute, qui vous donne de l’éclat, qui met en valeur vos atouts et qui fait dire aux autres « waouh, quelle personnalité ! ».

2 réponses

  1. Callina
    |

    Ouf, je ne me suis pas trop reconnue dans ce comportement de Fashion victim et je ne me suis même pas sentie Has been pour autant. Je suis d’accord avec toi. Moi j’aime bien me tenir au courant des modes, ça bouge tout le temps, il y a toujours quelqu’un pour en lancer une. Et puis, si ça me plaît, j’essaie pour voir. Souvent, je ne suis même pas consciente de suivre une mode. Et puis sinon, je laisse ça aux autres…

  2. marinableudore
    |

    Tu es dans le vrai. Il faut se tenir au courant, essayer, analyser objectivement et puis on voit si on suit ou pas. L’essentiel c’est d’aimer et de se sentir bien, de se sentir soi-même. Je ne me définis pas non plus comme très « mode » parce que j’ai souvent besoin de temps pour aller vers une nouvelle tendance et me l’approprier. Merci de ta visite ici.

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